Drunk : Critique garantie sans gueule de bois

Mis à jour : mai 26


Ça y est nous sommes déconfinés, les musées rouvrent, les terrasses sont bondés mais surtout les cinémas rouvrent. Parmi les films proposés, « Drunk » sorti en octobre 2020 revient dans nos salles obscures et on a enfin pu mettre nos yeux dessus.


"Drunk" c’est l’histoire de 4 quadragénaires qui lassé de leur vie de parent, de leur mariage qui tombe à l’eau, de la monotonie de leur travail, décident de se lancer dans une étude (pari?) sociologique : garder un taux minimal d’alcool dans le sang de 0,5g/L toute la journée jusqu’à 20H et en excluant les week-end. Pourquoi ?

Pour tout simplement retrouver goût à ce qui les passionnait, aux gens qu’ils aiment et se retrouver eux-mêmes aussi.

Globalement le film est excellent et n’a pas volé son Oscar du meilleur film étranger. L’ensemble du cast est excellent et bien entendu comme on pouvait l’imaginer, Mads Mikkelsen rayonne dans chacune de ses scènes. La force de cet ensemble d’acteurs est la synergie que l’on ressent face à ce groupe d’homme un peu perdus mais lié par une amitié sans faille. Jamais une des répliques entre eux ne sonne faux et c’est une des forces principales du film.

Le film d’ailleurs parlons-en ! Il est décomposé en 2 actes. Le premier acte (les 3/4 du film) concerne l’expérimentation de nos personnages sur comment l’alcool change leur façon de travailler, d’aimer, d’interagir avec les autres mais aussi leur regard sur eux-mêmes. Si le film s’était seulement limité à cette partie, cette glorification de l’alcoolisme mondain aurait été inappropriée mais bien heureusement le film évité cet écueil. Car oui l’alcool entraîne des excès et il faut le consommer avec modération et ça le film l’a très bien compris. Alors que la vie de nos personnages n’a jamais été aussi rayonnante, ces derniers décident de tester leur limites et d’aller plus loin et l’on rentre alors dans le dernier acte du film : les conséquences qu’ont entraîné leur expérimentation.

Ce dernier acte casse littéralement le rythme du film ; là où nous étions dans un film joyeux, bien qu’assez mélancolique, nous nous retrouvons tout à coup face à la réalité et à la gravité de cette expérimentation. Entre des enfants qui remarquent que leur père n’est jamais sobre, une mère désabusée qui n’arrive plus à élever ses enfants ou encore un mariage qui dévoile ses plus sombres secrets, nos personnages vont découvrir la dure et sèche réalité à leur dépens. La fantaisie de leur expérience ne pouvait durer sur le long terme.

C’est ce changement de ton qui donne à « Drunk », son statut d’excellent film. Là où beaucoup auraient soit glorifié ou diabolisé l’alcool, lui pose la question de la dose et son dilemme. Comment contrôler ce moment d’euphorie et soit, ne pas dépasser les bornes ou retomber dans le spleen qui anime notre vie ? Car on ne peut s’empêcher de penser que ces hommes étaient heureux au tout début de cette expérience, que l’alcool leur avait donné ce coup de pouce pour se relancer et dépasser cette crise de la quarantaine mais que c’est justement le caractère exceptionnel de ce sentiment d’euphorie qui les aidait.

Alors au final nos personnages s’en sortent ils ? Nous vous laissons la surprise de la découverte en salle, mais une chose est sûre, « Drunk » invite à la réflexion. Pas seulement sur la question de la consommation d’alcool, mais aussi sur la question du mariage, la question de la paternité et de la maternité, sur le deuil et sur la confiance en soi.

Maintenant que les bars et les salles rouvrent, profitez-en pour découvrir ou redécouvrir « Drunk ». Dans le premier cas, c’est une bonne pinte qui vous attendra et dans l’autre c’est l’ivresse d’un bon film.




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